martes, 9 de junio de 2015

Ápres la mort de Moliére: les jours de decadence

Après la mort de Molière, on le conçoit aisément, le genre a du mal à trouver un second souffle et le paysage de la comédie se remodèle : les farces, la comédie romanesque, la comédie d’intrigue, et la veine de l’imaginaire, prolongée un temps par certaines comédies-ballets, disparaissent. Les dramaturges se sentent écrasés par la perfection de l’œuvre de Molière : certains d’entre eux essaient bien de suivre la voie tracée par le maître, mais ils sont découragés comme l’écrit La Bruyère dans ses Caractères : « Tout est dit et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes et qui pensent. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé ; l’on ne fait que glaner après les anciens et les habiles d’entre les modernes. » Dubos lui fait écho dans ses Réflexions critiques : « les sujets de comédie sont épuisés », et Dufresny reproche à Molière de n’avoir laissé à ses successeurs que des « diminutifs de caractère ». Il s’institue de plus une sorte d’orthodoxie récente du genre comique, qui tend à paralyser davantage son renouvellement : un consensus se forme, chez les puristes comme Boileau ainsi que chez les acteurs de la Comédie-Française, en faveur de la grande comédie en cinq actes et en vers peignant un caractère ; on s’accorde à y reconnaître le modèle à suivre, comme si Molière lui-même l’avait pratiquée systématiquement.
Mais d’autres dramaturges s’illustrent dans un courant bien plus représentatif du moment, celui la comédie de mœurs dont Dancourt est le plus brillant représentant. Dans son ensemble, ce théâtre profondément réaliste présente à nos yeux un intérêt essentiellement sociologique, pour sa peinture des mœurs de la fin de siècle. Il reflète un monde qui change en raison d’un bouleversement du système de valeurs, l’argent étant le nouveau moteur et le seul critère de la puissance ; il dépeint donc l’immoralisme des comportements, marqués par la froideur et l’égoïsme, et ne se lasse pas de montrer le cynisme, la ruse, le mensonge, le libertinage et la corruption. Apparaissent donc quelques types nouveaux comme celui du financier malhonnête qui fait fortune sur les dos des honnêtes gens (Turcaret de Lesage), des aventuriers qui se prétendent nobles, des officiers libertins qui vivent des largesses de femmes mûres. Présentant un tableau fidèle mais plus amusé qu’indigné de toutes ces tromperies qui ne sont jamais prises au tragique, la comédie se fait amorale, sinon immorale.

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